Pour la troisième fois consécutive, la sélection nationale risque de ne pas se qualifier pour la Coupe du monde : comparaison entre l’équipe actuelle et celles qui ont été éliminées lors des barrages de 2017 et 2022
Pour la troisième fois consécutive, l’Italie risque de ne pas se qualifier pour la Coupe du monde et devra passer par le crible des barrages pour décrocher son billet. Une crise qui semble désormais dépasser le cadre générationnel, étant donné que les derniers jeunes joueurs à avoir disputé une Coupe du monde avec la sélection nationale étaient Perin, De Sciglio et Verratti, nés en 1992. Tous les footballeurs italiens nés au cours de la décennie qui a suivi la Coupe du monde ne l’ont vue qu’à la télévision : ainsi, si Gattuso venait à échouer dans sa mission en mars, ce serait pratiquement toute une génération de perdue. Une question s’impose toutefois, au vu des précédents et de ce qui pourrait se passer : cette équipe d’Italie est-elle plus forte sur le plan humain que les deux précédentes ?
Celle de Giampiero Ventura, éliminée en 2017 en 180 minutes par la Suède (défaite 1-0 à l’extérieur et match nul 0-0 à San Siro), disposait encore d’un solide noyau de joueurs expérimentés et titrés : Buffon dans les buts et le « BBC » en défense, Florenzi et De Rossi au milieu de terrain et le prometteur Jorginho à la baguette. Pour le reste, surtout en attaque, des joueurs incapables de reproduire en sélection les performances réalisées avec leurs clubs : Belotti et Immobile en tête, auteurs respectivement de 26 et 23 buts en Serie A cette saison-là, mais à sec avec l’Italie au moment décisif.
Voici la composition qui est entrée sur le terrain le 13 novembre 2017 à San Siro et qui a été éliminée par la Suède : (3-5-2) Buffon ; Barzagli, Bonucci, Chiellini ; Candreva (remplacé par Bernardeschi à la 31e minute de la seconde mi-temps), Parolo, Jorginho, Florenzi, Darmian (remplacé par El Shaarawy à la 19e minute de la seconde mi-temps) ; Immobile, Gabbiadini (remplacé par Belotti à la 19e minute de la seconde mi-temps). (Donnarumma, Perin, Astori, Rugani, Zappacosta, De Rossi, Gagliardini, Eder, Insigne). Sélecteur : Ventura.
L’Italie de Mancini — L’échec de 2022 fut certainement encore plus cuisant. En raison du niveau de l’adversaire, du fait que la défaite soit survenue lors d’un match à élimination directe disputé à domicile et, surtout, parce que les Azzurri de Roberto Mancini étaient les champions d’Europe en titre, après leur triomphe à Wembley à peine 256 jours auparavant. Par rapport à cette équipe, il manquait face à la Macédoine la créativité de Chiesa et de Spinazzola (victimes de blessures graves) ainsi que le dynamisme de Di Lorenzo sur le côté droit, en raison d’une entorse au genou contractée lors de la journée précédente de Serie A. Locatelli était aux prises avec la Covid, tandis que Bonucci et Chiellini n’étaient pas au meilleur de leur forme suite à deux problèmes musculaires au mollet. Quoi qu’il en soit, 10 des 11 titulaires étaient les mêmes que ceux qui avaient remporté l’Euro.
Voici la composition qui est entrée sur le terrain le 24 mars 2022 à Palerme et qui a été éliminée par la Macédoine : (4-3-3) Donnarumma ; Florenzi, Mancini (89′ Chiellini), Bastoni, Emerson ; Barella (77′ Barella), Jorginho, Verratti ; Berardi (89′ Joao Pedro), Immobile (77′ Pellegrini), Insigne (64′ Raspadori). Sélecteur : Mancini.
L’Italie de Gattuso— Pour l’instant, il est difficile de savoir quelle sera la sélection nationale qui disputera les barrages en mars. On peut s’appuyer sur le noyau sur lequel Gattuso a misé depuis son arrivée, en tenant compte du fait que lors de la défaite humiliante subie contre la Norvège à San Siro, le sélectionneur avait décidé de se passer des joueurs sous le coup d’un avertissement. Une équipe alignée en 4-2-4, avec Di Lorenzo, Bastoni, Calafiori et Dimarco devant Donnarumma, Tonali et Barella au milieu, et le duo d’attaquants Retegui-Kean soutenu par deux ailiers parmi Orsolini, Politano et Zaccagni. En attendant de savoir si Federico Chiesa se sentira prêt en mars à revêtir à nouveau le maillot bleu…