Les équipes les plus à l’est et les plus au nord de l’histoire se qualifient pour les phases de groupes : la nouvelle carte de la compétition élargit les frontières et oblige les équipes italiennes à faire de très longs trajets
La soirée du 26 août a redessiné la carte de la Ligue des champions. Avec les qualifications du Bodo Glimt et du Kairat Almaty, le tournoi 2025/26 a repoussé ses frontières encore plus loin : jamais aussi au nord, jamais aussi à l’est. Pour compléter les quatre points cardinaux, il y a le Maccabi Tel Aviv au sud et les équipes de Lisbonne à l’ouest. Une géographie extrême, qui met à l’épreuve la logistique, les kilomètres et même le bon sens de ceux qui doivent organiser les déplacements.
Soixante-sept degrés de latitude nord. Cela suffit pour faire du Bodo Glimt l’équipe la plus septentrionale à avoir jamais participé à une phase de groupes de la Ligue des champions. Même Rosenborg, qui avait mené la Norvège jusqu’aux quarts de finale dans les années 90, n’était jamais allé aussi loin au-delà du cercle polaire. Le stade est un petit bassin de 8 000 places, niché entre les fjords et les montagnes. Ici, l’hiver apporte des semaines d’obscurité arctique et pour s’y rendre depuis Milan, il faut compter au moins cinq heures avec une escale, des vols limités et une météo qui peut transformer chaque voyage en une odyssée.
Extrême-Orient — Almaty est la nouvelle frontière de la Ligue des champions. Avec sa longitude de 76,88°E, le Kairat a battu le précédent record d’Astana et rapproché la compétition plus que jamais de l’Asie centrale. Le parcours a été un marathon : depuis le premier tour préliminaire en juillet jusqu’au coup de maître contre le Celtic, éliminé aux tirs au but grâce aux arrêts du jeune Anarbekov, âgé de 21 ans. Aujourd’hui, le Kairat se trouve dans une position qui parle d’elle-même : plus proche de Pékin que de Rome. Pour ceux qui viennent d’Italie, les chiffres sont sans appel : Milan est à 6 735 km d’Almaty, soit plus de neuf heures de vol. C’est le plus long déplacement jamais effectué en Ligue des champions.

Extrême sud — Au sud, le record reste détenu par le Maccabi Tel Aviv. Avec ses 32,04°N, c’est l’équipe la plus méridionale à avoir jamais atteint les phases de groupes, un exploit réalisé pour la première fois en 2005/2006. Le voyage depuis Milan dure environ quatre heures : oui, beaucoup moins long que celui vers Almaty. Pourtant, sur la carte, Tel Aviv reste le point le plus bas de la Ligue des champions. Extrême ouest — À l’ouest, la frontière est entièrement portugaise : Benfica et Sporting occupent la longitude 9,14° O, la pointe extrême vers l’océan. Ce n’est pas le seul record pour Lisbonne, qui a également été le théâtre de déplacements légendaires. En 2015/16, Benfica s’est en effet envolé jusqu’à Astana : 6 173 km à vol d’oiseau, un record européen pour un match de Ligue des champions. Une première place qu’il risque aujourd’hui de perdre : Milan-Almaty le dépasse de plus de 500 km.

La Ligue des champions — Lorsque l’UEFA a été créée en 1954, elle ne comptait que 25 fédérations affiliées et la distance maximale entre deux capitales, Lisbonne et Moscou, ne dépassait pas 4 000 km. Aujourd’hui, elle compte 55 nations et la géographie politique a considérablement élargi ses frontières. Astana, Lisbonne, Tel Aviv, Bodo, Almaty : la Ligue des champions n’est plus seulement le cœur du football européen, mais un tournoi qui touche les confins du continent. Des voyages qui ressemblent à des expéditions.