Présentateur, auteur, animateur radio. Toujours à toute vitesse. Puis il a fait un choix : ralentir. Et il l’a raconté dans son livre, « Un dixième de toi » : « De cette façon, je vis mieux le présent »

Parfois, un seul pas suffit pour changer de direction. Pour Marco Maccarini, ce pas a été réel, concret : le long d’un sentier poussiéreux, sac au dos, le bruit de la ville désormais loin derrière lui. Après des années passées à un rythme effréné entre caméras, scènes et émissions de radio en direct, il a choisi de ralentir. Non pas pour fuir, mais pour écouter. Pour s’écouter lui-même. La marche est devenue sa nouvelle boussole : un geste simple, quotidien, mais capable de se transformer en une puissante pratique de bien-être physique et mental. En marchant, il a appris à laisser derrière lui non seulement le superflu matériel, mais aussi les « fardeaux » intérieurs qui nous empêchent souvent d’avancer véritablement. Ce tournant personnel est également devenu un récit partagé. Dans son livre *Un dixième de toi*, Maccarini mêle conseils pratiques, souvenirs et réflexions nées pas à pas, le long de chemins anciens et de paysages qui ont redéfini sa conception du temps : « J’ai ressenti le besoin de laisser quelque chose d’écrit, de durable : ce n’est pas dans mes habitudes, j’en suis conscient, en raison de mon parcours professionnel. Car j’ai toujours été habitué à travailler à la radio : mes messages étaient éphémères. De plus, je n’ai pas grandi à l’ère d’Internet, où les mots restent, pour le meilleur et pour le pire, sur le World Wide Web ».

Marco Maccarini interviewé par Francesco Rizzo.

« Le titre fait référence à une règle d’or du randonneur : le sac à dos ne devrait jamais dépasser un dixième de son poids corporel. Mais, si l’on veut élargir le sens, il ne s’agit pas seulement d’une question physique : de temps en temps, nous pouvons aussi laisser nos problèmes à la maison et découvrir comment on vit, et comment on marche, sans ce fardeau ».

Pourquoi se mettre à la marche ?
​« Parce qu’en marchant, on dispose de beaucoup de temps pour soi : c’est une longue méditation en mouvement. Au bout de quelques jours, le corps s’habitue à la marche et, au fil des jours, on se sent de plus en plus en forme. Et on se rend compte que ce temps consacré au silence a également purifié nos pensées ».

Mieux vaut marcher seul ou en compagnie ?

« La plupart du temps, je marche seul : c’est dans ces moments-là que j’arrive à concentrer mon attention sur moi-même. Mon quotidien m’amène souvent à partager ma journée avec de nombreuses personnes, très différentes les unes des autres. C’est pourquoi je préfère vivre ces expériences principalement seul ».

Mais je ne suis pas toujours seul.
​« Il m’est arrivé d’être accompagné sur certaines étapes par des amis comme Corrado Fortuna, Roy Paci, Frankie hi-nrg mc et Maccio Capatonda, et cela a été absolument agréable. Et puis, il y a eu des occasions de partager ce moment avec des « non-marcheurs » comme Fabrizio Biggio et Angelo Pisani : nous nous sommes respectés et entraidés, en comprenant nos besoins respectifs, en alternant des heures de pur plaisir et des moments d’introspection ».

Quand avez-vous compris que vous aviez besoin de « marcher » dans un sens plus profond, au-delà du simple aspect physique ?

« C’est arrivé en 2005, lorsque j’ai entrepris le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle pour la première fois : à l’époque, c’était loin du phénomène populaire qu’il est aujourd’hui. Je n’en ai parlé à personne : cela est resté une expérience qui n’appartenait qu’à moi. Puis, à partir de 2016, j’ai commencé à raconter ces parcours et, au fil des ans, j’ai amené des milliers de personnes à marcher ».

D’où vous est venue cette décision ?
​« Je traversais une période heureuse et épanouissante sur le plan professionnel : je sortais de plusieurs années intenses passées à Trl, puis au Festivalbar. Mais je n’avais pas de temps pour moi. J’allais trop vite. Le père d’un ami m’a conseillé de ralentir. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à lire les signes que le chemin m’offrait. Parce que je m’étais donné le temps de le faire ».

Pour en revenir à cette année 2005, qu’avez-vous ressenti lors des premiers kilomètres ?

« Je n’étais préparé ni physiquement ni techniquement. Je suis parti avec un sac à dos trop lourd et les premiers kilomètres ont été très douloureux. Mais dès le début, j’ai rencontré des gens qui m’ont donné de précieux conseils. La douleur physique a disparu au bout de quelques jours, laissant place à la perception, au plaisir de ce que je vivais ».

Comment s’est déroulé ce voyage ?
« Il y a une règle tacite que j’ai apprise à mes dépens : au début, c’est agréable, mais à la fin de la journée, on ressent la fatigue. Le deuxième jour, on trouve la force de repartir. Le troisième met les nerfs à rude épreuve. Si l’on surmonte ce moment, la situation ne peut que s’améliorer. Et à partir du sixième jour, on pourrait marcher… pour toujours ».

Votre approche a-t-elle évolué avec le temps ?

« Au fil des années, j’ai appris à m’entraîner avant de partir. Une habitude très utile pour éviter les douleurs initiales. Au cours des deux mois précédant une randonnée, j’essaie de faire de l’exercice trois ou quatre fois par semaine, afin de pouvoir profiter du voyage dès le premier pas ».

Marcher seul peut faire peur : comment avez-vous appris à gérer la solitude ?
​« En réalité, j’aime beaucoup ça. Si l’on trouve les bonnes conditions, la solitude ne fait pas peur : au contraire, elle devient une alliée. Si un danger est réel, il faut être prudent. Mais souvent, les peurs sont le fruit de notre imagination, il ne faut pas se laisser influencer. La peur engendre davantage de peur. Mon conseil ? Si vous devez faire quelque chose de nouveau, lancez-vous simplement. Sans vous laisser paralyser par des risques hypothétiques ».

Quels bienfaits physiques avez-vous constatés depuis que vous avez commencé ?

« La marche fait fondre la masse graisseuse même si l’on ne perd pas toujours du poids : les muscles se renforcent et le corps devient d’acier. Je me définis comme un randonneur épicurien, pas comme un pèlerin pénitent : j’aime partager des moments conviviaux avec d’autres randonneurs. Certains itinéraires, comme la Magna Via Francigena en Sicile, vous font rentrer chez vous avec quelques kilos en plus grâce à l’hospitalité des habitants du coin ».

Comment gérez-vous les douleurs et la prévention des blessures ?
​« C’est un aspect très personnel. Dans les pèlerinages de dévotion, comme celui de Saint-Jacques-de-Compostelle, même les maux font partie d’un parcours de purification. Mais j’essaie toujours de prévenir : j’utilise de la vaseline pour éviter les ampoules, j’allège mon sac à dos pour protéger mes genoux et je soigne mes pieds tous les soirs. Je fais aussi un travail mental : j’essaie de comprendre si une douleur physique peut correspondre à quelque chose de psychologique. Donner un sens à la douleur m’aide à la surmonter ».

Quelle est l’importance de l’alimentation ?

« Je ne suis pas très strict dans la préparation, mais je le suis pendant la randonnée. Il m’est arrivé, lors de voyages en solitaire, de préparer ma nourriture à l’avance : je l’ai séchée pour réduire le poids et je l’ai réhydratée en cours de route. En moins d’un kilo, j’ai réussi à emporter le nécessaire pour cinq jours, tout en conservant une alimentation équilibrée ».

Des projets pour l’avenir ?
« J’aimerais mieux découvrir le centre et le sud de l’Italie : un « Coast to Coast » en Calabre ou le « Cammino delle Terre Mutate », par exemple. C’est en marchant qu’on se rend compte de la beauté de notre pays : souvent, elle nous échappe quand on le traverse en voiture. Dans quelques années, je rêve également de m’attaquer à certains grands itinéraires américains comme l’Appalachian Trail ou le Pacific Crest Trail ».

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