Dans l’ère Open, seuls trois joueurs ont disputé 4 finales sur 4 la même année

La parole au terrain. Le juge incontestable. L’attente touche à sa fin, après une semaine passée entre des siestes réparatrices pour se remettre du virus de Cincinnati, des soirées organisées par les sponsors avec des parties de ping-pong contre Osaka, la détente avec les Lego et surtout l’intensité croissante des entraînements, véritable baromètre de la condition physique du meilleur joueur du monde : aujourd’hui, vers 19h30 heure italienne, Sinner commence la défense de son titre à New York contre le Tchèque Kopriva, qu’il n’a jamais affronté auparavant. Et comme première statistique, l’histoire lui rappelle que la confirmation masculine, à l’US Open, n’a pas réussi depuis 2008, lorsque Federer a remporté son dernier titre (sur 5) dans la Grosse Pomme.

De par son caractère et sa vocation, Jannik a l’habitude de rester concentré sur le présent, surtout maintenant avec les doutes liés à sa condition physique, que seul le premier test compétitif pourra dissiper. Kopriva, n° 89 mondial, classement construit principalement grâce aux Challenger sur terre battue, ne devrait pas opposer une résistance trop marquée à un Jannik en bonne santé, mais hier, le n° 1, pour ne rien laisser au hasard, s’est entraîné avec le Russe Safiullin, qui présente des caractéristiques similaires à celles de son premier adversaire dans le tournoi. Mais ensuite, le tableau, vers la finale prévue (par tous) avec Alcaraz, lui proposerait successivement, selon le classement, Popyrin, Shapovalov, Paul, Draper et Zverev, un parcours semé d’embûches pour un Volpe Rossa qui ne serait pas au meilleur de sa forme.

pas de légende—  Quoi qu’il en soit, le contretemps de Cincinnati n’a pas changé l’avis des experts et des bookmakers, pour qui le n° 1 mondial reste le favori du tournoi. Concrètement, cela signifie que Sinner, déjà vainqueur des trois derniers tournois du Grand Chelem sur dur et donc invaincu depuis 21 matchs, deviendrait, en cas de doublé à Flushing Meadows, le huitième joueur de l’histoire à atteindre quatre finales du Grand Chelem en un an : le premier fut l’Américain Crawford en 1933. Mais si l’on se base sur l’ère Open, afin de ne pas se moquer de ceux qui étaient là et de ceux qui n’étaient pas là comme c’était le cas avant 1968, seuls trois phénomènes ont réussi cet exploit : Rod Laver en 1969 (lorsqu’il a remporté son deuxième Grand Chelem), Federer (2006, 2007 et 2009) et Djokovic (2015, 2021 et 2023). En somme, on entre dans un territoire magique peuplé uniquement de champions légendaires.

Outre eux, seuls trois autres joueurs, toujours dans l’ère Open, ont remporté trois fois le trophée d’un tournoi du Grand Chelem au cours de la même saison : Connors, Wilander et Nadal. Et si un autre match pour le titre devait se jouer entre lui et Alcaraz, selon le battage médiatique le plus en vogue du tournoi, ce ne serait que la deuxième fois depuis 1964 (Emerson contre Stolle) que les deux mêmes joueurs s’affronteraient dans trois finales du Grand Chelem la même année (même si Djokovic et Nadal, entre Wimbledon 2011 et Roland Garros 2012, se sont affrontés quatre fois de suite). Sinner, quant à lui, pourrait devenir le seul joueur de l’histoire à remporter trois tournois du Grand Chelem en une année et à perdre le quatrième après avoir eu une balle de match en finale (maudit Roland Garros…). Pourtant, si l’on se souvient de ce qu’il a révélé la veille, ce n’est peut-être pas ce souvenir qui le perturbera : « Quand j’étais jeune, j’ai dit à mes parents que si, à 23-24 ans, je n’étais pas au moins parmi les 200 meilleurs joueurs mondiaux, j’arrêterais pour des raisons économiques. Voyager et avoir un entraîneur coûte cher, et si je n’avais pas obtenu de résultats, ma famille n’aurait pas pu le supporter. J’ai eu la chance de commencer à gagner ma vie dès l’âge de 18 ans. Quand j’étais petit, je rêvais d’entrer dans le top 100, maintenant tout le reste est un grand bonus ». Ce qui l’a conduit sur les chemins de la légende.

Leave a Reply