L’entraîneur de la promotion historique en Serie A : « L’équipe d’aujourd’hui est une bonne équipe. Elle doit conserver cette régularité et dispose de nombreux attaquants de talent »

Vingt-trois ans, soit une génération, se sont écoulés entre la « Longobarda » et le « char jaune ». Aujourd’hui, Modène regarde son équipe et se sent rajeunie. Andrea Sottil est en tête après un début de saison identique à celui de Gianni De Biasi, arrivé sur sa lancée après la promotion en Serie B et filé tout droit vers la Serie A. Même nombre de victoires, de nuls, de défaites et de buts encaissés : la seule différence réside dans les buts marqués, l’attaque explosive de 2001-2002 en comptant trois de plus (22 contre 19) que l’actuelle. Cela finira-t-il de la même manière ? De Biasi observe de loin, étudie la situation et se prête à la comparaison. Et lui aussi rajeunit.

Avez-vous vu ce Modène ?

« Plusieurs fois à la télévision, jamais en direct. J’y vais bientôt, c’est promis. »

Quelle impression en avez-vous ?

« C’est une bonne équipe. Elle doit maintenir cette régularité et dispose de nombreux attaquants de qualité : leur rotation sera fondamentale. Chichizola est une valeur sûre, il n’a pas remporté de championnats par hasard : il a 35 ans, mais moi j’avais Ballotta… ».

Sottil joue en 3-5-2, vous, en revanche, jouiez en 3-4-1-2. Peu de différence…

« Deux équipes de haut niveau, assez jeunes, qui se ressemblent. Nous jouions ainsi parce que tout le monde pratiquait le 4-4-2 : de cette manière, nous créions une supériorité numérique en faisant monter l’un des défenseurs centraux, que l’on appelle aujourd’hui « braccetti ».

Vous aviez un milieu offensif.

« Rubens Pasino était doué pour se démarquer dans l’axe, pour délivrer des passes décisives et ouvrir le jeu vers les ailiers qui montaient beaucoup. Aujourd’hui, Modène a peut-être moins de fantaisie, mais c’est une équipe très organisée, solide, qui exploite les qualités individuelles. »

D’autres différences ?

« Les adversaires. Nous avons affronté le Como de Preziosi, qui a terminé premier, puis Naples, Cagliari, Gênes et la Sampdoria, des équipes qui pratiquaient un football de haut niveau. »

Quand avez-vous compris que vous pouviez monter en Serie A ?

« Le 4-1 contre Naples lors de la troisième journée, en soirée, troisième victoire d’affilée : du grand football et de beaux buts. L’équipe avait de la personnalité. »

Votre première défaite est survenue lors de la 11e journée, celle de l’actuel Modène lors de la 10e, lors du derby à Reggio.

« Contre Empoli, but de Di Natale : un match maudit, il pleuvait légèrement. La défaite contre la Reggiana, en revanche, m’a mis en colère… ».

Pourquoi ?

« Parce qu’à Modène, il y a un pessimisme latent. C’était aussi le cas chez nous, même si nous avions remporté la Serie C. Après le derby, j’ai entendu des supporters amers : je comprends qu’ils y tenaient face à la Reggiana, mais la négativité n’aide pas ».

12 mai 2002, 0-0 sur le terrain de Gênes et Modène en Serie A.

« Le match nul convenait à tout le monde. Ce jour-là, le surnom de Longobarda est devenu public : regarder le film de Lino Banfi dans le car était devenu un rituel. »

Comment pourrait-on surnommer Modène aujourd’hui ? « Je ne sais pas, c’est à eux de trouver. Mais « char d’assaut jaune » lui va bien. »

À votre époque, Modène est passé de Montagnani à Amadei ; aujourd’hui, c’est Rivetti.

« Ce sont tous des dirigeants importants. J’ai fait la connaissance de Rivetti, c’est quelqu’un de très doué et compétent, il s’est entouré de collaborateurs de valeur, c’est là son grand mérite. »

À l’époque comme aujourd’hui, le Modena s’entraîne sur le petit terrain derrière les gradins. Mais au moins, un centre sportif est en train de voir le jour…

« Eh oui, c’est fondamental dans le football moderne. On ne peut plus travailler dans ces conditions. D’ailleurs, aujourd’hui, ce terrain est entretenu : avec nous, qu’il soit mouillé ou sec, cela nous convenait toujours. »

Ces derniers jours, il s’est rendu à Palerme pour le 125e anniversaire du club.

« Je serai très heureux si Modène et Palerme accèdent à la Serie A, notamment pour mon ami Carlo Osti. »

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