« Le petit Medvedev » de Pise s’est mesuré à Melbourne face à la légende, mais cela a été une sorte de rite de passage. Comme pour les buts, on n’oublie jamais les premiers…
Si vous êtes 141e mondial, que vous disputez votre premier tournoi du Grand Chelem et que vous affrontez l’ancien numéro 1 qui en a remporté 24, les chances que vous perdiez sont élevées. Et en effet, Francesco Maestrelli a été battu par Novak Djokovic, au deuxième tour de l’Open d’Australie. Mais le mot « défaite » n’est pas à sa place. Pour Nole, il s’agissait d’une simple étape de transition, pour Francesco d’un rite d’initiation, la confrontation avec la Légende. Lorsqu’il a appris par un journaliste contre qui il allait jouer, il a vibré comme un sismographe. À la fin, il a serré la main du dieu serbe avec un sourire de vainqueur : « Merci pour la leçon. Je ne l’oublierai pas… ». Il ne lui restait plus qu’à passer au secrétariat du club pour payer les deux heures de court. Nole l’a honoré de compliments sincères : « Tu as été bon ». Comment le « petit Medvedev » de Pise pourrait-il se sentir vaincu ? Le prize money australien, qui semblera à Sinner et Alcaraz un simple pourboire, aidera Francesco, 23 ans, à planifier une saison de progression qui le mènera dans le top 100. Mais surtout, la joie de la première fois. Le premier baiser est sans pareil.

comme les Rossi— Lors de la Coupe du monde 2006, Pablito Rossi a conseillé à Toni : « Profite bien de tes buts contre l’Ukraine, tes premiers en Coupe du monde. Même celui que tu marqueras en finale ne t’émouvra pas autant. » Un jour de 1937, Angelo Moratti rentra chez lui et montra à sa femme des liasses de mille lires : « Erminia, mon premier million ». Les millions qui lui auraient permis d’acheter la Grande Inter ne l’auraient pas rendu aussi fier. C’est à l’aube du rêve que l’on est vraiment heureux. Kipling a raison : la victoire et la défaite mentent. Francesco a gagné.