La signature du contrat est attendue dans les prochaines heures, au plus tard demain. Chiellini a joué un rôle décisif dans le choix du club bianconero
Une signature et Luciano Spalletti prendra les rênes de la Juventus. Signature attendue dans les prochaines heures, au plus tard demain. Et signature d’un contrat qui, pour l’ancien sélectionneur des Azzurri, devra revêtir le sens profond d’une revanche, sur lui-même, sur son univers. Le club bianconero trouve ainsi la solution à une situation un peu précaire, un peu confuse : Spalletti ne s’est pas opposé à la durée de l’accord, car il n’y avait aucune raison de le faire quand on a en tête l’envie de se remettre en jeu grâce à ce que l’on conquerra sur le terrain et non grâce à ce qui pourrait nous revenir par la voie formelle. L’après-Tudor se traduit par un grand tournant et non par le pari que serait représenté Palladino : Luciano da Certaldo s’engagera à la Continassa pour cette saison et pour la suivante, à condition que Locatelli et ses coéquipiers terminent la saison parmi les quatre premiers, mais il n’est pas exclu que le renouvellement automatique, avec le ticket pour la Ligue des champions en poche, s’étende jusqu’en juin 2028. Le changement est donc en marche. Et on change en confiant l’avenir immédiat à un entraîneur « blessé ». « J’ai l’ambition de remettre les choses en place après ce qui m’est arrivé… », a déclaré Spalletti. Ce qui lui est arrivé, c’est une équipe nationale apathique, à plat, avec tant de questions en suspens qu’elles en deviennent déroutantes : c’est ce que nous a montré l’ancien sélectionneur des Azzurri lors de l’Euro 2024 et lors du triste déplacement en Norvège qui va désormais nous obliger, une fois de plus, à disputer les barrages de la Coupe du monde.
Palladino en entretien— La Juventus et Spalletti devront écrire une histoire différente : une harmonie entre la direction et l’entraîneur, une empathie entre l’entraîneur et le vestiaire. La méthode Comolli, la façon de travailler du futur responsable technique des Bianconeri, a fait en sorte qu’hier, les entretiens pour la succession d’Igor aient également impliqué le candidat alternatif, mais lointain, Raffaele Palladino : Spalletti en début de matinée, l’ancien entraîneur de Monza et de la Fiorentina dans l’après-midi, car le directeur technique François Modesto était là pour le soutenir. Le match n’était qu’une formalité : Spalletti et son envie de s’engager dans cette nouvelle aventure sous la Mole ont pris l’avantage dès le début et ont terminé cette heure d’entretiens en position nettement dominante. Le sélectionneur de l’Italie d’antan est convaincu de retrouver le rythme de ses meilleurs moments : Yildiz sera son étoile polaire, le reste de l’équipe un groupe de jeunes laissés libres de s’épanouir et de s’exprimer. « Celui qui prendra la place de Tudor pourra s’estimer chanceux, car Igor a laissé une équipe bien entraînée… », telle la réflexion de l’entraîneur toscan au cours d’une journée longue et loin d’être banale. Spalletti a dit oui à la cause bianconera en un clin d’œil, voire moins : renaître à la tête d’un club d’envergure mondiale est une occasion trop belle pour la laisser passer. Aujourd’hui, Luciano, originaire de Certaldo, sera à Turin, puis viendra l’annonce : rien ne presse, le choix est fait. Son premier véritable défi aura lieu lors de la quatrième journée de la Ligue des champions, en phase préliminaire : mardi prochain, au Stadium, le Sporting de Lisbonne sera de la partie, et il ne faudra surtout pas perdre. Aucune exigence décisive concernant la durée du contrat, un bref tour d’horizon des éventuelles opérations sur le marché des transferts de janvier, un report à aujourd’hui de la définition des aspects financiers, même s’il devrait toucher environ 3 millions d’euros d’ici juin : le premier contact de Spalletti avec l’univers de la Juventus s’est déroulé ainsi. Comolli et Modesto ont attendu le retour à Turin de Giorgio Chiellini avant de faire le point sur ce qu’ils avaient entendu : le « ministre des Affaires étrangères » bianconero, à Riyad pour représenter le club, n’a jamais fait de remontrances concernant le nom d’un entraîneur qu’il estime et connaît depuis toujours. L’ancien entraîneur de la Roma, de l’Inter et de Naples, selon Chiellini, pourrait être le profil le plus logique pour redonner de l’élan à la saison d’une équipe qui n’a plus gagné depuis huit matchs et qui n’a plus marqué depuis quatre, mais ce n’est pas tout : pour Chiello, Spalletti pourrait ouvrir un nouveau cycle, comme ce fut le cas dans un passé récent. La signature est attendue dans les prochaines heures, puis tous les regards se tourneront vers le déplacement à Crémone prévu samedi soir : l’affiche annonce que ce sera le match des débuts d’un entraîneur en quête du bonheur perdu sous le maillot bleu. La dernière apparition de Spalletti sur le banc avait été une soirée surréaliste : sur le banc de la sélection nationale, en tant qu’entraîneur limogé, lors de la victoire à Reggio Emilia contre la Moldavie. Des souvenirs datant d’un an en juin, des souvenirs qui reviennent : à peine cinq mois plus tard, voici la grande, la très grande chance. Une chance à ne pas manquer et, en effet, il ne l’a pas manquée : Palladino et Mancini ont été distancés dans la course à la succession de Tudor. L’enjeu, c’est un parcours personnel à remettre au centre de l’attention.