L’as italien a battu son adversaire d’aujourd’hui à six reprises, et à quatre de ces occasions, il a ensuite remporté le tournoi (dont deux tournois du Grand Chelem). Mais Big Ben prévient : « Je joue mon meilleur tennis depuis mon retour de blessure »
L’index approché de l’oreille et l’invitation habituelle à monter le volume. Ben Shelton a battu Rublev et s’est ensuite réjoui ainsi devant la Defense Arena. Double célébration : non seulement les quarts de finale du Masters 1000 de Paris, mais surtout le billet pour les Finales de Turin. Les premières de sa carrière. En 2025, Big Ben a donné le coup d’envoi : il s’est installé durablement dans le top 10, a remporté le premier tournoi 1000 de sa vie (à Toronto) et a fait son chemin dans les tournois du Grand Chelem. Une demi-finale à Melbourne, un quart de finale à Wimbledon. Avant de s’arrêter, dans les deux cas, face à Sinner : Jannik l’attend également en quarts de finale à Paris, à présent.
Le tournoi du Grand Chelem le moins chanceux a sans aucun doute été le suivant, l’US Open : à Flushing Meadows, Shelton faisait partie des favoris, mais c’est son épaule qui l’a trahi. Il a donc été contraint à l’abandon : « D’habitude, je joue toujours, même si je ne me sens pas bien. Cette fois-ci, je n’ai pas pu, et j’ai juste envie de pleurer. » Un forfait amer, celui du troisième tour contre Mannarino, qui l’a contraint à s’éloigner du circuit pendant plusieurs semaines. Il est revenu à Shanghai, mais Goffin l’a immédiatement mis KO. Il avait besoin d’une nouvelle série de résultats pour chasser les nuages de la blessure et surtout s’assurer une place aux Finales : il y est parvenu à Paris, en battant d’abord Cobolli puis Rublev. Et en laissant ainsi libre cours à sa joie : « J’ai joué mon meilleur tennis depuis ma blessure. Je suis revenu au niveau de l’été précédant l’US Open. »
avec Sinner à Wimbledon— À propos de l’été. Avant Toronto, Ben s’est heurté, avec son service, à la puissance de Sinner. Une victoire nette en trois sets à Wimbledon pour l’Italien, l’Américain ne pouvant qu’admettre à la fin du match : « La vitesse de la balle chez lui est vraiment incroyable. Je n’ai jamais rien vu de tel : quand on joue contre lui, on a l’impression que tout va deux fois plus vite. » Même un joueur supersonique comme Ben peut s’arrêter net. Mais en 2026, il sera lui aussi de nouveau candidat à l’assaut du Grand Chelem. Comme lors du dernier Open d’Australie : Ben s’était imposé face à Sonego en quarts de finale, avant de subir une leçon de la part de Sinner en demi-finale : « En Australie, je n’ai pas servi à la hauteur de mon adversaire », racontait-il en conférence de presse. À Paris, il tentera de tirer les leçons de ces deux défaites. Et de rendre plus honorable un bilan qui, pour l’instant, est de 6-1 en faveur de Jannik.

talisman— L’analyse technique de Shelton ? Sinner l’a fournie il y a un an et demi à Indian Wells, avant leur troisième confrontation : « Il sert bien, il a une excellente main. Il joue bien en coup droit et en revers. Et puis, il est gaucher… ». Dès 2024, on parlait déjà de Ben comme d’un prétendant potentiel au troisième siège aux côtés de Jannik et Carlos : il a obtenu ses premiers résultats significatifs ces derniers mois, sauf contre Sinner. Ce dernier a d’ailleurs trouvé en l’Américain une sorte de talisman : sur les six victoires remportées contre Shelton, quatre lui ont ensuite permis de décrocher le titre. Cela s’est produit à Vienne (2023), à Shanghai (2024) et surtout lors des deux tournois du Grand Chelem remportés cette année. Curieusement, Ben a remporté leur première confrontation, il y a deux ans à Shanghai. Le problème, c’est que depuis lors, l’Italien ne lui a plus concédé le moindre set. Big Ben veut désormais mettre un terme à cette série.