Les deux rivaux, après s’être affrontés tout au long de la saison, se retrouvent à Turin. Les points de l’année dernière ne seront pas pris en compte et Carlos partira en tête. Voici toutes les combinaisons qui permettraient à Jannik de terminer la saison en tête

La saga des Sincaraz s’apprête à changer de décor. Après le coup d’envoi manqué à La Défense à Paris – théâtre du solo de Jannik qui faisait écho aux concerts des Rolling Stones et de Bruce Springsteen –, la prochaine occasion se présentera à Turin, à l’Inalpi Arena conçue par Isozaki. Musique rock, architectes de renom, tennis. D’ailleurs, Jannik Sinner et Carlos Alcaraz ne font-ils pas désormais partie intégrante de l’industrie du spectacle ? Jusqu’à présent, les deux adversaires ne se sont jamais affrontés lors des Finales ATP. Ils se sont certes frôlés, comme en 2023, lorsque Djokovic les a éliminés l’un après l’autre (l’Espagnol en demi-finale, l’Italien en finale), mais jamais face à face. Cette fois-ci pourrait bien être la bonne : le plus beau dénouement d’une saison qui a déjà réécrit l’histoire du tennis.

Les deux phénomènes ont dominé la scène en écrasant la concurrence. Prenez le nouveau classement officiel (celui basé sur les 52 dernières semaines) qui replace aujourd’hui Sinner en tête : Jannik et Carlos, avec plus de 11 000 points, totalisent le double du total du troisième (Zverev, 5 560). Un duopole qui a débuté en 2024 et s’est poursuivi cette année, malgré les trois mois de suspension de Sinner pour l’affaire Clostebol. Les huit derniers tournois du Grand Chelem portent leur signature, répartis à parts égales : quatre chacun au total, deux chacun par saison. L’année 2025 a ensuite marqué l’apogée de l’ère des « Big Two », adversaires en finale dans cinq des sept tournois auxquels ils ont tous deux participé. Les exceptions à la règle sont le premier rendez-vous (Open d’Australie) et le dernier (Masters 1000 de Paris), remportés par Sinner. Jannik et Carlos se sont retrouvés en mai aux Internazionali, juste au moment du retour du Sud-Tyrolien. Sur la terre battue de Rome, puis sur celle de Roland-Garros, l’Espagnol a montré qu’il avait un cran de plus. L’Italien a effacé le mauvais souvenir des trois balles de match gâchées à Paris en dominant la finale de Wimbledon. À Cincinnati, le virus l’a mis hors jeu. Puis, l’irrésistible Alcaraz s’est illustré à l’US Open, au point d’inciter Sinner à procéder à quelques ajustements. En retrouvant son cher indoor (26 victoires consécutives), le Renard s’est également retrouvé lui-même : un service très performant, une pression étouffante avec ses coups de fond de court, le drop-shot utilisé avec une confiance grandissante. À Paris, le Murcien a revu certains fantômes, les rapports de force se sont à nouveau inversés. Il va falloir s’y habituer. Nous voici donc aux portes de Turin. Alcaraz a fait savoir qu’il serait en Italie dès mercredi, afin de s’habituer au terrain aménagé par GreenSet, dirigé par l’ancien n° 23 Javier Sanchez Vicario. Sinner prendra quelques jours de plus pour se remettre des efforts parisiens. Jeudi aura lieu le tirage au sort des deux poules des Finales. Le classement Race de la saison fera office de référence, avec Alcaraz en tête devant Sinner. C’est pourquoi Carlos, tête de série n° 1, sera placé dans le groupe A, et Jannik, n° 2, dans le groupe B. Aucune confrontation entre eux n’est prévue lors des tours à la ronde. Ils pourraient s’affronter en demi-finales, prévues samedi, s’ils terminent leurs groupes respectifs en première ou deuxième position. Ou bien lors de la finale de dimanche.

l’heure de vérité—  Deux tournois du Grand Chelem chacun, huit titres au total pour Alcaraz, cinq pour Sinner, qui a disputé quatre tournois de moins. Les Finales s’annoncent comme une véritable heure de vérité en cette année 2025. L’enjeu porte également sur la première place du classement de fin d’année. Un objectif atteint par l’Espagnol en 2022 et par l’Italien en 2024. À qui reviendra-t-elle cette fois-ci ? Lundi prochain, dans le classement officiel, les points remportés à Turin il y a un an expireront : 1 500 pour Jannik, 200 pour Carlos, qui reprendra ainsi la tête. Le scénario sera le suivant : Alcaraz 11 050 points, Sinner 10 000. Les Finales attribuent 200 points pour chaque victoire en phase de poules, 400 pour la victoire en demi-finale, 500 pour la victoire en finale, soit un total de 1 500 points pour le champion invaincu (comme Sinner il y a un an). Pour terminer en tête du classement ATP pour la deuxième année consécutive, l’Italien devra nécessairement remporter à nouveau les Finales. S’il y parvient sans connaître la défaite, terminant ainsi avec 11 500 points, il devra espérer qu’Alcaraz ne remporte pas plus de deux matchs dans la phase de poules et s’arrête ensuite en demi-finale, afin de ne pas dépasser 11 450 points. S’il y parvient avec une défaite dans le tournoi à la ronde, terminant ainsi avec 11 300 points, il faudrait alors que l’Espagnol ne remporte pas plus d’un match, pour atteindre 11 250 points. Scénario résiduel : Jannik remporte les Finales avec un seul match gagné dans la phase de poules, terminant ainsi à 11 100 points ; dans ce cas, Carlos ne devrait pas remporter le moindre match à Turin, restant à 11 050 points. Calculs mis à part, ce sera de toute façon un spectacle à l’Inalpi Arena.

Leave a Reply