Jannik après sa victoire à Miami : « Je veux profiter de l’instant présent, sinon on ne s’arrête jamais. Si je me sens bien jeudi, je reprendrai l’entraînement sur terre battue. Le tournoi de Monaco est important, ce sera aussi une préparation pour la suite »

« Pendant l’interruption due à la pluie, j’ai simplement écouté un peu de musique. Je jouais bien, je frappais mieux la balle. Bien sûr, il y avait un peu de tension, mais j’ai aussi commencé à plaisanter pour la briser. » C’est ainsi que Jannik Sinner, avec son naturel habituel, raconte comment il a vécu la longue interruption due à la pluie à l’aube du deuxième set de la finale de Miami contre Jiri Lehecka. Un match que l’Italien a en fait toujours maîtrisé, s’imposant 6-4, 6-4 et accomplissant un exploit historique : il est le premier joueur à remporter le Sunshine Double, en gagnant Indian Wells et Miami la même année, sans perdre un seul set. Il analyse à ce propos ce qui est le plus difficile entre devenir champion de Grand Chelem et triompher dans ces deux tournois la même année : « Gagner ici après être allé jusqu’en finale à Indian Wells n’est pas facile, on est fatigué mais très motivé, on a beaucoup de confiance. Est-ce plus difficile que de remporter un tournoi du Grand Chelem ? Je ne sais pas, là-bas on joue au meilleur des cinq sets et en deux semaines, tout peut arriver : je ne fais pas de comparaisons. »

La chevauchée de Sinner prend encore plus de valeur si l’on pense à son début de saison difficile, qui a culminé avec la défaite à Doha contre Jakub Mensik. Mais l’Italien a su rebondir, à sa manière : « Après Doha, nous avons passé de longues journées sur le court avec peu de pause, à jouer sous le soleil pendant de nombreuses heures. L’objectif était d’améliorer nos performances sous la chaleur. J’ai aussi souffert, mais j’ai essayé d’aborder la situation au jour le jour, et cela m’aidera certainement pour le reste de la saison. Il n’y a que beaucoup de travail acharné, aucun secret. » Tout comme ce n’est pas un secret qu’un autre des objectifs visés par Sinner, aujourd’hui plus que jamais avec d’autres points rattrapés, soit la tête du classement occupée par Carlos Alcaraz. À ce jour, en ce début de saison sur terre battue, il est à 1 190 points. « Pour moi, tout dépend de la façon dont je joue et le classement devrait refléter cela », explique Sinner, « Carlos a été très régulier pendant longtemps, et nous passons maintenant à la terre battue, où nous savons à quel point il est fort. Pour moi, l’important est de récupérer, et je n’ai pas non plus beaucoup de temps pour m’adapter à la terre battue en vue de Monte-Carlo ». Et en effet, la préparation sur cette surface pourrait bien devenir réalité très prochainement : « Si je me sens bien physiquement jeudi, nous recommencerons sur terre battue. Si je veux jouer le simple, le double (où il est inscrit avec Zizou Bergs, ndlr) pourrait m’aider à tester un peu les conditions à Monte-Carlo et me donner la chance d’être le mieux préparé possible pour un tournoi important, qui sert également de préparation pour ce qui viendra ensuite ».

clé—  Pour Sinner, il s’agit, si l’on se souvient également de sa victoire à Paris l’automne dernier, du troisième Masters 1000 remporté consécutivement. Tous, d’ailleurs, sans perdre un seul set. Et ce qui fait désormais de plus en plus la différence dans les matchs de l’Italien, c’est la qualité de son service : une arme qui est une certitude, et qui devient décisive dans les situations les plus délicates. En finale contre Lehecka, il a remporté 92 % des points sur son premier service, sauvant les trois balles de break concédées. « Je suis très satisfait de mon service », explique Sinner, « surtout cette semaine. J’ai bien servi et obtenir quelques points gratuits quand on est un peu fatigué peut faire la différence. Je pense d’ailleurs avoir mieux servi ici qu’à Indian Wells. Il y a beaucoup de travail derrière, mais sur terre battue, il faudra l’utiliser différemment, on ne peut pas se contenter de servir à plat ». Le passage sur terre battue, où Alcaraz défend 4 330 points, sera un tournant crucial de la saison. Certaines étapes, comme Monte-Carlo, où Sinner réside, et Rome, avec tout l’amour des supporters italiens, seront plus agréables que d’autres. « À Monte-Carlo, je suis chez moi, pas à l’hôtel », admet le n° 2 mondial, « nous sommes à l’hôtel toute l’année, et j’aime être chez moi pour vaquer à mes occupations et ne pas trop penser au tournoi. Je préfère toujours cette solution. Maintenant, je veux profiter du moment présent ». Un moment propice, de victoire, comme cela s’est produit tant de fois ces dernières années. Et maintenant, Sinner devra surfer sur la vague et poursuivre sa course vers la première place, encore plus proche après un Sunshine Double qui restera dans les annales du tennis. D’ailleurs, ni Sampras, ni Federer, ni Djokovic n’avaient remporté Indian Wells et Miami consécutivement sans perdre un seul set. Des exploits.

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