L’Italie a remporté la troisième médaille olympique de son histoire, 12 ans après celle de Carolina Kostner. Un par un, découvrez les protagonistes de cet exploit

Jusqu’à ce soir, l’Italie avait remporté deux médailles de bronze olympiques en patinage : Fusar Poli-Margaglio à Salt Lake City en 2002, Carolina Kostner à Sotchi en 2014. Douze ans plus tard, voici la troisième, décrochée lors de l’épreuve par équipes. Nous sommes troisièmes derrière les États-Unis et le Japon, deux superpuissances mondiales. Mais qui sont Charlène Guignard et Marco Fabbri, le couple de danse sur glace, Sara Conti et Niccolò Macii, le couple de patinage artistique, Lara Naki Gutmann, notre meilleure patineuse, Daniel Grassl et Matteo Rizzo, qui ont évolué entre samedi et dimanche lors de l’épreuve masculine ?

Charlène Guignard et Marco Fabbri ont concouru samedi soir, et non pas ce dimanche marqué par la médaille de bronze, mais leur performance n’en a pas été moins importante. En danse sur glace, ils sont de loin le couple italien de référence. Charlène est née en France et concourt pour l’Italie depuis 2010, Marco est originaire de Milan. En 2010, ils étaient tous deux sans partenaire ; ils se sont inscrits sur « Partner Search », un site où les patineurs cherchent leur moitié sur la glace, et… une chose en entraînant une autre. Aujourd’hui, ils sont partenaires dans la vie et en compétition. Ensemble, ils ont été trois fois champions d’Europe et, il y a un mois, ils ont remporté la médaille d’argent aux Championnats d’Europe à Sheffield. Ils sont expérimentés, élégants, une valeur sûre. Leur deuxième place de samedi soir a été le meilleur classement italien de tous les temps dans cette épreuve par équipes. Ah, demain, ils seront de nouveau sur la glace pour la danse rythmique, la première partie de leur programme : ils patineront sur les musiques des Backstreet Boys.

Guignard et Fabbri

conti-macii—  Un bon scénario pour une série télévisée. Sara et Niccolò se sont fiancés en 2018, ont commencé à patiner ensemble en 2019, puis se sont séparés en 2023. À l’époque, ils ont traversé une période difficile, mais aujourd’hui, ils partagent une complicité d’ex. « C’est le psychologue qui nous sauve », ont-ils déclaré ces dernières années. Niccolò explique : « Quand nous avons mis fin à notre relation, ça a fait des étincelles sur la patinoire, mais aujourd’hui, une belle amitié nous lie. Sara sera présente à mon mariage le 29 août. » Elle y ira avec Tim Dieck, son nouveau compagnon, un patineur d’origine allemande qui concourt pour l’Espagne. Sur la piste, Conti et Macii sont élégants et complices. Elle est originaire de Capannelle, un hameau de Zanica près de Bergame, et a 25 ans. Lui, milanais de 30 ans, vient de Città Studi, sur la même ligne de métro que le Forum où il disputera la compétition la plus importante de sa vie. Ils ont été les premiers Italiens de l’histoire à remporter le titre européen (2023) et les premiers à décrocher une médaille mondiale (2023 et 2025), mais ici, c’est la force de volonté qui compte le plus : le 28 décembre, Sara s’est déchiré le ligament collatéral du genou droit, elle est restée immobilisée une vingtaine de jours, a manqué les Championnats d’Europe, mais elle est revenue, prête comme toujours. Dans le programme libre, ils patinent sur les notes de Caruso : Sara porte une robe qui évoque la mer, Niccolò incarne la lune. Un amour lointain dans l’espace, tout comme le leur est lointain dans le temps.

Conti et Macii

gutmann—  Lara Naki Gutmann a été la belle surprise de la première partie de la compétition : troisième du programme court. Ceux qui l’ont découverte ici à Milan se demandent si « Naki » est son deuxième prénom ou son premier nom de famille et… c’est bien la première hypothèse : c’est un prénom ghanéen qui signifie « aînée ». Ses parents l’ont choisi en l’honneur d’un ami décédé pendant la grossesse. Gutmann est originaire du Trentin, elle a 23 ans et fait preuve d’une élégance néoclassique, simple, jamais vulgaire. Les Jeux olympiques font partie de son histoire : « J’ai commencé parce que j’ai vu les Jeux olympiques de Turin en 2006, a-t-elle déclaré. Je suis tombée amoureuse de la glace, j’avais l’impression que les patineurs volaient. » Le meilleur résultat de sa carrière est la médaille de bronze remportée aux Championnats d’Europe en janvier, mais elle est clairement en pleine progression : elle étudie les sciences du sport et commence à se forger une personnalité. Après le programme court, elle s’est présentée aux interviews avec Matoldo, une taupe en peluche, la peluche préférée de Matilda Ferrari, une patineuse du Trentin tuée par une bétonnière à l’arrêt de bus scolaire le 15 septembre. « Avoir Matilda à mes côtés dans ces moments-là, c’était magnifique », a déclaré Lara Naki. Ce soir, elle patinera sur la bande originale du film « Les Dents de la mer », dans une robe représentant la mer, avec quelques nuances de gris pour évoquer les branchies et les traces de dents du requin. Ses fans, conquis, ont commencé à la surnommer SharkNaki, Naki le requin.

Lara Naki Gutmann

Rizzo —  L’homme de la surprise. Rizzo est le patineur qui, grâce à une excellente performance, a offert la médaille de bronze à l’Italie : lors du choix de la composition de l’équipe, il a relégué sur le banc Daniel Grassl, qui avait patiné lors du programme court. Une rivalité intéressante : Grassl a un programme plus complexe, mais Rizzo a fait mieux aux Championnats d’Europe de janvier, où il a remporté la médaille d’argent. Matteo, 27 ans, est né à Rome mais connaît très bien Milan : il vit depuis des années à Sesto San Giovanni. Ses parents, Brunilde Bianchi et Valter Rizzo, étaient un couple de danseurs sur glace et l’ont initié à une carrière qui s’est épanouie tardivement. Autre chose ? Il est passionné de moteurs et possède chez lui un simulateur avec lequel il joue contre ses amis pendant des heures. Il dit que son moment de détente, c’est le canapé, et raconte avoir vu trois fois « Game of Thrones ».

Matteo Rizzo

grassl—  Daniel Grassl n’est pas entré en piste lors de la journée de dimanche, mais il a tout de même apporté sa pierre à l’édifice avec son programme court de samedi. Né à Merano, dans le Haut-Adige, en 2002, Grassl a remporté la médaille d’argent aux Championnats d’Europe de patinage artistique en 2022. Blond, talentueux, pas toujours régulier, il est curieusement très célèbre au Japon. « Tout a commencé après ma première épreuve de la Coupe du monde junior : j’avais 13 ans et j’incarnais Charlie Chaplin, qu’ils adorent au Japon », a-t-il raconté à SportWeek. « Et puis le fait d’être blond a beaucoup compté, c’est une rareté chez eux… ». Enfant, Grassl voulait être acteur, footballeur, joueur de tennis, joueur de hockey, puis il a choisi le patinage… même s’il caresse toujours le rêve de devenir réalisateur ou scénariste. Il parle italien, allemand, anglais et espagnol, comprend le russe et est très attaché à son chien Kori, qu’il a eu grâce… au patinage : ses parents le lui avaient promis s’il réussissait un quadruple lutz. C’est fait.

Daniel Grassl

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