La star de l’athlétisme italien : « Sans l’obligation d’être présent, il est facile de gérer ses études. Il ne me reste plus qu’un examen à passer pour obtenir mon diplôme d’ingénieur, puis je m’offrirai une belle montre. »
La finale du lancer du disque masculin, en raison de la pluie, clôt le programme de Tokyo 2025 alors que le reste du programme est terminé depuis plus d’une heure. Ainsi, maintenant que le bruit s’est éteint et que les lumières se sont baissées, c’est son doux sourire qui reste, en bleu, comme image symbolique de ces magnifiques Championnats du monde : Nadia Battocletti a conquis tout le monde. Son nom suffit à faire sourire le monde entier. Car elle, aussi menue que déterminée, est celle qui tient tête aux coureuses de demi-fond africaines. À 400 mètres de l’arrivée de la finale du 5 000 mètres, elle passe à l’attaque. Mais ne croyez pas que sa nouvelle popularité puisse la changer : la trentenaire reste la même, la petite fille devenue femme qui, en courant, réalise ses rêves.
Nadia, médaille d’argent au 10 000 mètres et médaille de bronze au 5 000 mètres : pensez-vous à ce que vous avez accompli ? « Je vois beaucoup de photos et de vidéos : j’avoue que les images qui m’émeuvent le plus sont celles où l’on me voit avec ma médaille autour du cou, en compagnie de ma famille. »
Samedi, avez-vous jamais cru pouvoir gagner ?
« Non : l’action était de qualité, mais mes jambes étaient alourdies par la fatigue du 10 000 mètres et par la chaleur humide ».
Est-ce agréable, aujourd’hui, d’être Nadia Battocletti ?
« Absolument, oui, un peu moins pendant la course, car c’est difficile et cela demande beaucoup de volonté. Mais je me suis confirmé le type d’athlète que je suis. »
Que pensez-vous de vous-même ?
« Dans le passé, je n’avais pas une très haute opinion de moi-même, mais maintenant je sais que je suis forte. Derrière ces résultats, il y a des sacrifices et des renoncements : cela en vaut la peine. »
Pendant la compétition, pensez-vous à autre chose qu’à la tactique ou à vos adversaires ?
« Là encore, tout dépend de l’entraînement : on s’habitue à être seul avec soi-même, à regarder autour de soi et à s’isoler de tout. »

Portez-vous des lentilles de contact lorsque vous courez ?
« Je suis astigmate : seulement pendant les compétitions. À l’entraînement, je n’en porte pas et au repos, je mets des lunettes ».
Vous êtes la première Italienne à avoir remporté deux titres lors d’une édition des Championnats du monde : qu’est-ce que cela vous inspire ?
« L’objectif était de monter sur le podium. J’y suis parvenue deux fois : impossible de demander mieux ».
Vous souvenez-vous de vos débuts en équipe nationale ?
« Bien sûr, aux Championnats du monde de course en montagne à Sapareva Banya en 2016, en Bulgarie. Sur piste, la même année, lors de ma première saison dans la catégorie, j’ai terminé sixième au 3000 mètres des Championnats d’Europe des moins de 18 ans à Tbilissi. Il y avait là plusieurs autres vétérans de cette équipe. »
Scotti, Arese, Sibilio, Dallavalle, Olivieri et, chez les femmes, Dosso, Polinari et Coiro.
« C’est agréable d’être restés ensemble dans le groupe : je suis particulièrement liée à Dallavalle par le fait que, depuis de nombreuses saisons, nous concourons pratiquement en même temps dans les grandes compétitions. Et nous nous stimulons mutuellement. »

Tokyo est-elle la ville de votre cœur ?
« Depuis ma 7e place au 5 000 mètres des Jeux de 2021, elle me porte chance. Après deux voyages pour des questions de sponsoring en 2023, en mai, il y a quatre mois, sur un circuit autour du stade, j’ai réalisé le record européen du 5 km sur route et j’ai maintenant remporté les deux médailles mondiales. Que demander de plus… ».
Préférez-vous la piste ou la route ?
« Ce sont des contextes différents, cela change beaucoup, même les chaussures avec lesquelles on les affronte. Sur piste, par habitude, je suis plus à l’aise. »
Après les vides olympiques dus au Covid, le stade était presque toujours plein : quelle ambiance y régnait ?
« Une ambiance magnifique, électrique, surtout lorsqu’un athlète local participait à la course. J’ai beaucoup apprécié cela. »

Êtes-vous allée dans un restaurant japonais ?
« Je n’en ai pas eu l’occasion : j’adore les sushis ».
Tokyo-Rome-Milan-Trente : bientôt à la maison…
« Trois semaines de vacances m’attendent : Gianluca, mon petit ami, qui passera deux jours à Abu Dhabi avec ma mère sur le chemin du retour, a terminé ses vacances. Je ne sais pas ce que je vais faire. Jeudi, je serai à l’université. »
Déjà ?
« Je vais passer l’examen oral de géotechnique, le dernier qui me manque. Je compte le passer début novembre, puis obtenir mon diplôme d’ingénieur en bâtiment entre juin et juillet 2026 avec une thèse sur l’architecture durable en bois ».
Est-il plus difficile de courir une finale mondiale ou de passer un examen ?
« Courir : les examens universitaires me mettent sous pression. Mais au moins, je n’ai plus l’obligation d’être présente et il sera plus facile de m’organiser. »
Avez-vous eu des nouvelles de Veronica, votre meilleure amie et colocataire à Trente ?
« Par message : nous sommes séparées depuis juin, lorsqu’elle, comptable, avait des délais à respecter et moi, je m’entraînais en altitude. Et, à l’approche de la fin de mes études universitaires, je vais désormais partager mon temps entre Mezzocorona, où vit Gianluca, et ma ville natale, Cavareno ».
Va-t-elle s’offrir un cadeau pour ses deux médailles ? « Je vais attendre d’avoir mon diplôme : ensuite, je m’offrirai une montre, une Pasha de Cartier ».