Le Turc, médaillé d’argent aux Jeux, a également remporté les Championnats d’Europe en individuel. Personnage au style particulier : « J’ai appris à tirer pendant mon service militaire. Mon style ? Je n’ai jamais imité personne, le secret réside dans la respiration et le contrôle. La véritable cible est en toi ».

Yusuf Dikec, lui-même. Le voilà (à nouveau) l’Olympique James Bond, l’homme au colt. Le tireur qui n’a jamais à demander. Il a remporté les derniers Championnats d’Europe (contre l’Allemand Paul Frohlich). Les mains dans les poches. « J’ai pris une arme pour la première fois pendant mon service militaire. Mon instructeur a remarqué ma fermeté et m’a dit : « Tu devrais essayer ce sport ». Je l’ai fait. Et je n’ai plus arrêté depuis ». À Paris, il est devenu le tireur calme et détendu. Plus tard, il s’est transformé en mème, en idole, en personnage. Entre Taxi Driver et un héros Marvel. Hollywood l’a appelé. « Oui, il y a eu une allusion humoristique au nouveau film de James Bond. J’ai répondu : « Mon travail consiste à atteindre la cible, celui de Bond est de rester en vie ». C’est drôle. » Il a grandi à Göksun, en Turquie, il a 52 ans, une fille, un chat. Et cette pose emblématique qui est devenue légendaire dans le monde entier. Acclamé, estimé, célébré. Très imité. Yusuf sourit : « Parfois, on me reconnaît dans les endroits les plus insolites, raconte Yusuf à Sports Predictions, comme au supermarché. C’est étrange mais agréable. La popularité peut être fatigante, mais je la vois comme l’affection des gens ».

Comment votre vie a-t-elle changé après la médaille d’argent olympique ?

« Maintenant, la batterie de mon téléphone se décharge beaucoup plus vite. Blague à part, j’ai reçu un soutien incroyable du monde entier. Cela me rend humble, mais ma vie est toujours la même : entraînement, thé, famille et concentration. »

Et Tarçın, cannelle, sa chatte.

« Oui, elle est indépendante, têtue et élégante. Elle a 7 ans, c’est une British Shorthair. C’est peut-être pour cela que nous nous entendons si bien. J’adore les animaux. Les chats apportent de la paix dans ma vie. Je suis né dans une petite ville, où la discipline et le respect sont primordiaux. J’ai longtemps servi dans l’armée. Je suis aujourd’hui athlète professionnel, mais je mène toujours une vie simple : des matins tranquilles, du thé fort et ma chatte Tarçın ».

Et qu’ont apporté les Jeux Olympiques ?

« Les Jeux sont le summum pour tout athlète, mais pour moi, il s’agit plus que de concourir, c’est représenter mon pays. À chaque coup, je sens le drapeau sur mon épaule. Je veux montrer ce que la discipline, la patience et la foi peuvent accomplir. »

Et que pensez-vous de ce succès aux Championnats d’Europe ?

« Ce résultat montre que le succès n’était pas le fruit du hasard. Chaque compétition raconte une nouvelle histoire, mais la détermination, la discipline et le calme restent les mêmes. »

Vous avez reçu des demandes très étranges du monde entier. Y en a-t-il une qui vous a particulièrement surprise ?

« J’ai reçu des messages de partout, pas seulement de Turquie. Certains étaient touchants, d’autres très créatifs. Une personne m’a écrit : « Vous êtes si douée pour atteindre les cibles, j’imagine que vous touchez aussi les cœurs. » J’ai souri : parfois, les gens commencent à vous voir non seulement comme un athlète, mais aussi comme un symbole. J’ai dédié cette médaille à mon pays, la Turquie, et à tous les jeunes athlètes qui travaillent en silence. La médaille m’appartient, mais la fierté est partagée par nous tous. »

Et celle des Championnats d’Europe ?

« À ma fille. C’est la première personne à laquelle je pense après chaque succès. Cette médaille reflète aussi sa patience, son amour et la confiance qu’elle a en moi. »

Y a-t-il une métaphore derrière votre sport ?

« Le tir est une question d’équilibre : il ne s’agit pas d’agressivité, mais de concentration, de respiration et de contrôle. La véritable cible n’est pas sur le papier, elle est en vous ».

Excusez-nous, mais pourquoi utilisez-vous un style si personnel ?

« Cela me vient naturellement. Je n’ai jamais imité personne, ce style est le fruit de l’expérience. Si les résultats parlent d’eux-mêmes, le style n’a pas besoin de s’exprimer ».

Il met les mains dans les poches, ne porte que des lunettes et n’utilise presque aucun équipement. Ce style a-t-il un nom ?

« Appelons-le « précision calme ». Les mains dans les poches me rappellent de rester détendu et de ne pas trop réfléchir ». Comment contrôlez-vous vos émotions ?

« Avec ma respiration. Chaque coup commence et se termine par une respiration, c’est ainsi que je gère l’adrénaline et que je reste concentré. Il faut avoir la tête froide et le cœur passionné. Sans émotion, on perd son objectif, sans calme, on perd sa précision. »

Y a-t-il eu un moment difficile dans votre carrière où vous avez pensé à abandonner ?

« Oui, plusieurs fois. Les blessures, la fatigue, le temps passé loin de ma famille. Mais chaque fois que je pensais à arrêter, je me rappelais pourquoi j’avais commencé. »

À part le tir, que faites-vous ?

« Pendant mon temps libre, j’aime passer du temps avec ma fille et mon chat. Ils me rappellent le calme, la patience et ce qui compte vraiment dans la vie. Parfois, être avec eux dans la nature, dans le silence ou simplement à la maison vaut plus que tout autre chose. »

Même qu’un podium olympique ?

« Bien sûr. Même si monter sur le podium à Paris a été le moment où des années de travail ont été récompensées. Voir les drapeaux turcs dans les tribunes, ce sentiment est indescriptible. Et dans les coulisses, nouer des amitiés avec des athlètes du monde entier. Cela n’a pas de prix ».

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