Après la phrase du technicien de la Juventus (« Sur le terrain, il y a 22 professionnels et un précaire »), faisons le calcul : 4 000 euros bruts pour diriger un match de Serie A (1 700 pour le VAR). Fenucci, à Bologne : « Il faut une confrontation entre les parties ».

Le professionnalisme des arbitres ? Un nouveau chapitre s’ouvre, qui pour l’instant est encore… ancien. C’est Luciano Spalletti, entraîneur de la Juventus, qui a ouvert la porte après le match nul 2-2 contre la Lazio. « Il y a 22 professionnels et un précaire », a déclaré l’entraîneur. L’arbitre n’est pas un professionnel : il rentre chez lui, il doit penser à autre chose et il ne sait pas s’il sera encore arbitre l’année prochaine. Ce n’est pas normal, c’est la personne la plus précaire de toutes celles qui sont sur le terrain ». Une vieille histoire, mais qu’il faut rafraîchir. Et la question est : combien gagnent les arbitres en Serie A et en Serie B ?

Les revenus —  Le tableau est clair. Pour arbitrer un match de Serie A, un arbitre gagne (brut) 4 000 euros. Le net est évident. En Serie B, 2 000 euros. Et puis, le VAR en A « empoche » 1 700 euros par match et 800 euros en B. En tant que quatrième arbitre, 500 euros en A et 200 euros en B. Pour les assistants, 1 400 euros en A et 600 euros en B. Pour l’Avar, 800 euros en A et 400 euros en B. À tout cela s’ajoute une partie fixe annuelle : 30 000 euros pour ceux qui ont moins de 50 apparitions, 60 000 euros pour ceux qui en ont plus de 50 et 90 000 euros pour les internationaux.

en europe—  En Europe, pour les arbitres internationaux, les rémunérations augmentent selon les barèmes de l’UEFA : en tenant compte des compétitions de notre continent, celui qui est désigné pour diriger un match de Ligue des champions reçoit une rémunération allant de 6 000 euros pour les seizièmes de finale à 7 500 euros pour les quarts de finale et les demi-finales, et jusqu’à 10 000 euros (toujours bruts) pour une finale (3 000 euros pour les assistants et 4 000 euros pour le VAR). Au niveau féminin, une finale de Ligue des champions vaut 5 000 euros.
Groupe d’élite —  Récemment, il a été question de créer un groupe d’élite : cette idée n’a finalement pas été retenue, mais si elle voyait le jour, il s’agirait certainement d’un groupe sélectionné (à l’instar des groupes A et B actuels) doté d’une autonomie organisationnelle, un moyen d’accéder au professionnalisme (indemnités de fin de contrat comprises, pour être clair).
Indépendance —  Entre-temps, le vice-président adjoint Francesco Massini s’exprime dans un communiqué. « L’Association italienne des arbitres (AIA), en réponse à certaines déclarations et articles de presse parus aujourd’hui sur le thème du professionnalisme des arbitres, tient à préciser qu’elle n’a jamais été opposée aux propositions de réforme dans ce sens. L’objectif reste en effet de préserver et de replacer au centre du système une fonction arbitrale dotée d’autorité, de charisme et d’une forte personnalité, capable de prendre des décisions en toute indépendance, sans être soumise à la pression des outils technologiques. Travailler avec la FIGC et les ligues pour une telle réforme est non seulement possible, mais a même été jugé souhaitable à l’époque, afin de construire une réforme commune et durable, y compris d’un point de vue économique », conclut Massini.

FENUCCI : PRO ET VAR—  Le directeur général de Bologne, Claudio Fenucci, s’exprime également sur le sujet, en désapprouvant le carton rouge infligé à Pobega lors du match Parme-Bologne (« L’arbitre avait pris la bonne décision avec le carton jaune, c’est une intervention sans violence disproportionnée ») et en partant de la fonction du VAR. « Le VAR a été créé pour les erreurs claires et évidentes, mais il semble s’être transformé en ralenti, intervenant aujourd’hui dans tous les types d’incidents. Tout le monde se plaint et je pense que même les supporters n’apprécient pas cela : l’année prochaine, les parties devront se rencontrer, les clubs et les arbitres, peut-être même en évaluant le VAR à la demande comme en Serie C (le FVS, le football video support, ndlr) : il faut de la cohérence entre le VAR et le terrain. Et le professionnalisme peut aider les arbitres, c’est une voie qui peut les aider, avec un budget défini, à s’entraîner au mieux, à se préparer de la meilleure façon possible ».

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