Présentateur, auteur, animateur radio. Toujours à toute vitesse. Puis il a fait un choix : ralentir. Et il l’a raconté dans son livre, « Un decimo di te » (Un dixième de toi) : « De cette façon, je vis mieux le présent ».
Parfois, un simple pas suffit pour changer de direction. Pour Marco Maccarini, ce pas a été réel, concret : le long d’un sentier poussiéreux, sac au dos, loin du bruit de la ville. Après des années passées à un rythme effréné entre caméras, scènes et émissions de radio en direct, il a choisi de ralentir. Non pas pour fuir, mais pour écouter. Pour s’écouter. La marche est devenue sa nouvelle boussole : un geste simple, quotidien, mais capable de se transformer en une puissante pratique de bien-être physique et mental. En marchant, il a appris à laisser derrière lui non seulement le superflu matériel, mais aussi les « poids » intérieurs qui nous empêchent souvent d’avancer vraiment. Ce tournant personnel est également devenu un récit partagé. Dans son livre Un decimo di te (Un dixième de toi), Maccarini mêle conseils pratiques, souvenirs et réflexions nés pas à pas, le long de routes anciennes et de paysages qui ont redessiné sa conception du temps : « J’ai ressenti le besoin de laisser quelque chose d’écrit, de durable : cela ne me ressemble pas, j’en suis conscient, en raison de mon parcours professionnel. Car j’ai toujours été habitué à travailler à la radio : mes messages étaient éphémères. De plus, je n’ai pas grandi à l’ère d’Internet, où les mots restent, pour le meilleur ou pour le pire, sur le World Wide Web ».

« Le titre fait référence à une règle d’or du randonneur : le sac à dos ne doit jamais dépasser un dixième de son poids corporel. Mais, si l’on veut élargir le sens, il ne s’agit pas seulement d’une question physique : de temps en temps, nous pouvons aussi laisser nos problèmes à la maison et découvrir comment on vit et on marche sans ce fardeau ».
Pourquoi commencer à marcher ?
« Parce que marcher permet d’avoir beaucoup de temps pour soi : c’est une longue méditation en mouvement. Après quelques jours, le corps s’habitue à la marche et, au fil des jours, on se sent de plus en plus entraîné. Et on se rend compte que ce temps consacré au silence a également permis de faire le vide dans ses pensées ».
Mieux vaut-il être seul ou accompagné ?
« La plupart du temps, je marche seul : dans ces moments-là, je peux me concentrer sur moi-même. Mon quotidien m’amène souvent à partager ma journée avec beaucoup de personnes, très différentes les unes des autres. C’est pourquoi je préfère vivre ces expériences principalement seul ».
Mais il n’est pas toujours seul. « Il m’est arrivé d’être accompagné à certaines étapes par des amis comme Corrado Fortuna, Roy Paci, Frankie hi-nrg mc et Maccio Capatonda, et c’était très agréable. Et puis, j’ai eu l’occasion de partager ces moments avec des « non-marcheurs » comme Fabrizio Biggio et Angelo Pisani : nous nous sommes respectés et aidés mutuellement, en comprenant nos besoins respectifs, en alternant des heures de plaisir absolu et des moments d’introspection ».
Quand avez-vous compris que vous aviez besoin de « marcher » dans un sens plus profond, pas seulement physique ?
« C’est arrivé en 2005, lorsque j’ai entrepris le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle pour la première fois : à l’époque, c’était loin d’être le phénomène populaire qu’il est aujourd’hui. Je n’en ai parlé à personne : cela est resté une expérience qui n’appartenait qu’à moi. Puis, à partir de 2016, j’ai commencé à raconter ces parcours et, au fil des ans, j’ai amené des milliers de personnes à marcher ».
D’où vient ce choix ?
« Je traversais une période heureuse et épanouissante sur le plan professionnel : je sortais de plusieurs années intenses avec Trl, le Festivalbar. Mais je n’avais pas de temps pour moi. J’allais trop vite. Le père d’un ami m’a conseillé de ralentir. C’est la première fois que j’ai commencé à lire les signes que le chemin m’offrait. Parce que je m’étais donné le temps de le faire. »
En revenant à cette année 2005, qu’avez-vous ressenti pendant les premiers kilomètres ?
« Je n’étais préparé ni physiquement ni techniquement. Je suis parti avec un sac à dos trop lourd et les premiers kilomètres ont été très douloureux. Mais j’ai tout de suite rencontré des personnes qui m’ont donné de précieux conseils. La douleur physique a disparu après quelques jours, laissant place à la perception, au plaisir de ce que je vivais. »
Comment s’est déroulé ce voyage ?
« Il y a une règle non écrite que j’ai apprise à mes dépens : au début, c’est agréable, mais à la fin de la journée, on ressent la fatigue. Le deuxième jour, on se motive pour repartir. Le troisième jour est une épreuve difficile. Si on dépasse ce moment, la situation ne peut que s’améliorer. Et à partir du sixième jour, on pourrait marcher… pour toujours. »
Votre approche a-t-elle changé au fil du temps ?
« Au fil des ans, j’ai appris à m’entraîner avant de partir. C’est une habitude très utile pour éviter les douleurs initiales. Au cours des deux mois précédant une randonnée, j’essaie de faire de l’exercice trois ou quatre fois par semaine, afin de pouvoir profiter du voyage dès le premier pas. »
Marcher seul peut faire peur : comment avez-vous appris à gérer la solitude ?
« En réalité, j’aime beaucoup ça. Si les conditions sont réunies, la solitude ne fait pas peur : au contraire, elle devient une alliée. Si le danger est réel, il faut être prudent. Mais souvent, les peurs sont le fruit de notre imagination, il ne faut pas se laisser influencer. La peur engendre d’autres peurs. Mon conseil ? Si vous devez faire quelque chose de nouveau, faites-le simplement. Ne vous laissez pas bloquer par des risques hypothétiques. »
Quels bienfaits physiques avez-vous constatés depuis que vous avez commencé ?
« Marcher fait fondre la masse graisseuse, même si l’on ne perd pas toujours du poids : les muscles se renforcent et le corps devient d’acier. Je me définis comme un randonneur épicurien, pas comme un pèlerin pénitent : j’aime partager des moments conviviaux avec d’autres randonneurs. Certains itinéraires, comme la Magna Via Francigena en Sicile, vous font rentrer chez vous avec quelques kilos en plus grâce à l’hospitalité des habitants ».
Comment gérez-vous les douleurs et la prévention des blessures ?
« C’est un aspect très personnel. Dans les chemins de dévotion, comme celui de Saint-Jacques-de-Compostelle, même les maux font partie d’un parcours de purification. Mais j’essaie toujours de prévenir : j’utilise de la vaseline pour éviter les ampoules, j’allège mon sac à dos pour protéger mes genoux et je soigne mes pieds tous les soirs. Je fais également un travail mental : j’essaie de comprendre si une douleur physique peut correspondre à quelque chose de psychologique. Donner un sens à la douleur m’aide à la surmonter. »
Quelle est l’importance de l’alimentation ?
« Je ne suis pas très strict pendant la préparation, mais je le suis pendant le voyage. Il m’est arrivé, lorsque je voyageais seul, de préparer ma nourriture à l’avance : je la séchais pour réduire le poids et je la régénérais en cours de route. Avec moins d’un kilo, j’ai réussi à emporter le nécessaire pour cinq jours, tout en conservant une alimentation équilibrée. »
Projets futurs ?
« J’aimerais mieux connaître le centre et le sud de l’Italie : une traversée de la Calabre d’est en ouest ou le Cammino delle Terre Mutate, par exemple. En marchant, on se rend compte de la beauté de notre pays : elle nous échappe souvent lorsque nous le traversons en voiture. Dans quelques années, je rêve également de m’attaquer à certains grands itinéraires américains comme l’Appalachian Trail ou le Pacific Crest Trail ».