Le capitaine des Azzurri s’est exprimé lors d’une conférence de presse à la veille du match décisif contre la Bosnie : « Nous ressentons notre responsabilité envers le pays. Nous savons que ce ne sera pas facile, mais nous sommes prêts »
Responsabilité et raison peuvent se confondre, mais elles ne doivent pas prêter à confusion. Dans le stade rouillé de Zenica, l’Italie imagine un monde doré où la Coupe du monde représente la norme. L’obstacle bosniaque ne doit évidemment pas être sous-estimé, mais il ne faut pas non plus le craindre. Lors de la conférence de presse d’avant-match, qui a rempli la petite salle de presse au-delà des limites de sécurité, Gianluigi Donnarumma invite la Nazionale à garder son calme dans ce moment crucial : « Nous ressentons une responsabilité envers tous les supporters et, plus généralement, envers le pays. Nous savons qu’il ne sera pas facile de sortir de ce stade avec une victoire, car la Bosnie est une équipe solide qui compte également de grands individualistes. Mais en même temps, nous sommes conscients de nos qualités et nous voulons absolument atteindre notre objectif. Ces derniers jours, j’ai remarqué que le groupe est bien motivé et qu’il sera prêt pour le rendez-vous. Il faut aussi un peu de sérénité : nous devons nous concentrer sur le match sans trop penser à ce qui se passera autour de nous ».
émotion— Le choc de 2022 est resté, avec ce tir fatal qui l’a surpris et a exclu l’Italie d’une éventuelle finale des barrages. Mais son passé recèle également la nuit magique d’une autre finale, celle de l’Euro 2021 à Wembley. En termes d’émotion et de tension, ce match de barrage pour la Coupe du monde est pour Donnarumma « l’un des matchs les plus importants de ma carrière. Je ne peux pas nier que nous le ressentons tous très fortement, car cela fait 12 ans que nous ne sommes pas allés à la Coupe du monde et nous n’avons pas l’intention de prolonger l’attente. Nous sommes des êtres humains. Mais j’ai confiance, l’Italie a suffisamment d’expérience pour affronter ces soirées qui marquent l’avenir. Et je suis de toute façon fier du parcours que j’ai accompli sous le maillot bleu, entre souvenirs beaux et moins beaux ». Les journalistes bosniaques l’interrogent sur la qualité des attaquants qu’il aura en face de lui : « Nous avons regardé plusieurs matchs. Et nous connaissons bon nombre de ces joueurs, à commencer par Dzeko qui est un magnifique avant-centre. Mais la Bosnie est globalement une équipe nationale bien organisée, qui sait se montrer à la hauteur sur le terrain. Pour la battre, nous devrons jouer à notre meilleur niveau, en courant à 100 à l’heure, tout comme eux. Nous sommes les seuls à savoir ce que nous avons ressenti lorsque nous avons été battus par la Macédoine à Palerme, et nous ne voulons pas revivre ces mêmes sensations ; au contraire, nous voulons ramener l’Italie là où elle mérite d’être ».